En 2026, les cotisations sociales d'un auto-entrepreneur représentent 12,3 % du chiffre d'affaires pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations de services BIC, 25,6 % pour les activités libérales BNC et 23,2 % pour les professions libérales réglementées (CIPAV). À ces taux s'ajoutent la contribution à la formation professionnelle (0,1 % à 0,3 %) et, pour les commerçants et artisans, une taxe pour frais de chambre consulaire. Le calcul se fait directement sur le chiffre d'affaires encaissé, sans déduction de frais. Cet article détaille chaque taux, ce qu'il finance, et trois exemples pour passer du brut au net.

Les taux de cotisations auto-entrepreneur 2026 par activité

Le régime micro-social applique un pourcentage unique sur le chiffre d'affaires déclaré chaque mois ou chaque trimestre à l'Urssaf. Pas de CA, pas de cotisation. Le taux dépend uniquement de la nature de votre activité, pas de votre niveau de revenu.

ActivitéCotisations sociales 2026CFPTaxe chambre consulaire
Vente de marchandises, restauration, hébergement (BIC)12,3 %0,1 %0,015 % (CCI)
Prestations de services commerciales (BIC)21,2 %0,2 %0,044 % (CCI)
Prestations de services artisanales (BIC)21,2 %0,3 %0,48 % (CMA), 0,65 % en Alsace, 0,83 % en Moselle
Achat-revente par un artisan12,3 %0,3 %0,22 % (CMA)
Activités libérales non réglementées (BNC)25,6 %0,2 %aucune
Professions libérales réglementées CIPAV (BNC)23,2 %0,2 %aucune

Les taux de cotisations et la contribution à la formation professionnelle (CFP) sont publiés sur la page Évolution des taux de cotisations sociales des auto-entrepreneurs de l'Urssaf. Les taux de la taxe pour frais de chambre consulaire figurent sur la fiche L'essentiel du statut du portail autoentrepreneur.urssaf.fr. Cette taxe n'est due qu'à partir de la deuxième année d'activité et seulement si le chiffre d'affaires de l'avant-dernière année dépasse 5 000 €. Un artisan inscrit à la fois à la CCI et à la CMA paie 0,007 %.

Un micro-entrepreneur qui exerce deux activités (par exemple vente et prestation) déclare chaque chiffre d'affaires dans sa colonne, et chaque part est soumise à son propre taux.

Que financent ces cotisations ?

Le taux unique du micro-entrepreneur regroupe toutes les cotisations qu'un indépendant classique paierait séparément. Il couvre :

Attention, deux choses ne sont pas incluses : l'assurance chômage (un auto-entrepreneur ne cotise pas à France Travail) et la protection en cas d'accident du travail. Pour ce dernier point, une couverture volontaire reste possible ; notre article sur la prévoyance des auto-entrepreneurs détaille les options.

Le montant de vos droits, notamment pour la retraite, dépend de votre chiffre d'affaires. En 2026, il faut par exemple réaliser un certain niveau de CA annuel pour valider quatre trimestres de retraite. Les seuils par activité sont expliqués dans notre dossier retraite de l'auto-entrepreneur.

Pourquoi le taux BNC est passé de 21,1 % à 25,6 %

Jusqu'en juin 2024, les activités libérales non réglementées cotisaient à 21,1 %. Ce taux ne finançait aucune retraite complémentaire, ce qui créait une inégalité avec les artisans et commerçants. Le décret du 30 mai 2024 a donc programmé une hausse en trois étapes : 23,1 % au 1er juillet 2024, 24,6 % au 1er janvier 2025, puis 25,6 % au 1er janvier 2026. En contrepartie, les micro-entrepreneurs en BNC acquièrent désormais des points de retraite complémentaire, comme le précise l'Urssaf dans son actualité des droits sociaux renforcés pour une meilleure retraite complémentaire.

Concrètement, pour 2 000 € de CA mensuel, un consultant payait 422 € de cotisations en 2023 et en paie 512 € en 2026. La hausse est réelle (90 € par mois), mais elle n'est pas perdue : elle alimente une pension complémentaire qui n'existait pas auparavant.

Calcul des cotisations micro-entreprise : trois exemples à 2 000 € par mois

Prenons un chiffre d'affaires de 2 000 € encaissés dans le mois, hors ACRE et hors versement libératoire, en deuxième année d'activité (donc avec la taxe consulaire).

ActivitéCotisationsCFPTaxe consulaireTotal prélevéNet avant impôt
Vente de marchandises (12,3 %)246,00 €2,00 €0,30 €248,30 €1 751,70 €
Prestation artisanale (21,2 %)424,00 €6,00 €9,60 €439,60 €1 560,40 €
Activité libérale BNC (25,6 %)512,00 €4,00 €0 €516,00 €1 484,00 €

Pour une prestation de services commerciale (CCI), le total prélevé serait de 428,88 € (424 € + 4 € de CFP + 0,88 € de taxe), soit un net de 1 571,12 €. Pour un professionnel libéral à la CIPAV, 468 € (464 € + 4 €), soit 1 532 € nets.

Ces montants ne tiennent pas compte de l'impôt sur le revenu ni de la cotisation foncière des entreprises (CFE), qui se paie à part en décembre (voir notre guide sur la CFE de l'auto-entrepreneur). Pour un calcul adapté à votre situation, le simulateur de cotisations auto-entrepreneur intègre l'activité, l'ACRE et le versement libératoire. L'app AE Solution reprend ensuite ces mêmes taux pour calculer ce que vous devrez à chaque échéance.

L'effet de l'ACRE sur vos cotisations

L'aide à la création ou à la reprise d'entreprise (ACRE) réduit les taux de cotisations pendant la première période d'activité, jusqu'à la fin du troisième trimestre civil qui suit celui du début d'activité. Deux régimes coexistent en 2026 :

Sur notre exemple BNC à 2 000 €, les cotisations tombent à 256 € avec l'ACRE à 50 %, ou 384 € avec l'ACRE à 25 %. La CFP et la taxe consulaire ne sont pas réduites. L'ACRE n'est pas automatique : les conditions, le formulaire et les pièges sont détaillés dans notre article ACRE auto-entrepreneur 2026.

Le versement libératoire : un supplément optionnel

Si vous optez pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu, un pourcentage supplémentaire s'ajoute à vos cotisations à chaque déclaration : 1 % pour les ventes, 1,7 % pour les prestations de services BIC et 2,2 % pour les BNC. En échange, votre impôt est réglé au fil de l'eau et votre chiffre d'affaires n'est plus imposé au barème. L'option n'est ouverte que si votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année reste sous un plafond par part (de l'ordre de 29 000 €, montant exact à vérifier sur impots.gouv.fr).

Sur 2 000 € de CA mensuel en BNC, cela représente 44 € de plus, soit un total de 560 € entre cotisations, CFP et impôt. Le versement libératoire n'est pas toujours gagnant : à faible revenu, le barème progressif aboutit souvent à un impôt nul alors que le versement libératoire est dû dès le premier euro. Notre comparatif sur le versement libératoire vous aide à trancher.

Quand et comment payer ses cotisations

Les cotisations sont calculées à partir de votre déclaration de chiffre d'affaires sur autoentrepreneur.urssaf.fr, mensuelle ou trimestrielle selon l'option choisie à la création. Le paiement se fait en ligne, par prélèvement ou carte bancaire, à la date limite de déclaration. En cas d'oubli, une pénalité d'environ 60 € par déclaration manquante s'applique, puis une majoration de 5 % sur les cotisations dues. Toutes les échéances de l'année sont regroupées dans notre calendrier des échéances auto-entrepreneur.

Le détail des règles de déclaration (première déclaration trois mois après le début d'activité, déclaration obligatoire même à 0 €) est traité dans le guide déclaration Urssaf auto-entrepreneur.

FAQ

Quel est le taux de cotisations d'un auto-entrepreneur en 2026 ?

12,3 % du chiffre d'affaires pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations de services BIC, 25,6 % pour les activités libérales BNC et 23,2 % pour les professions libérales relevant de la CIPAV. S'y ajoutent la CFP (0,1 % à 0,3 %) et, pour les commerçants et artisans, la taxe pour frais de chambre consulaire.

Les cotisations se calculent-elles sur le chiffre d'affaires ou sur le bénéfice ?

Sur le chiffre d'affaires encaissé, sans aucune déduction de frais. C'est la contrepartie de la simplicité du régime micro : si vos charges réelles sont élevées, le régime réel peut devenir plus intéressant.

Que se passe-t-il si je ne réalise aucun chiffre d'affaires ?

Vous ne payez aucune cotisation, mais vous devez quand même déclarer 0 € dans les délais. Une déclaration manquante entraîne une pénalité, même sans activité.

Pourquoi les activités libérales paient-elles plus que les commerçants ?

Parce que la marge d'un commerçant est faible par rapport à son chiffre d'affaires : le taux de 12,3 % s'applique sur des ventes qui incluent le coût des marchandises. Un prestataire ou un consultant a peu de charges, son taux est donc plus élevé pour un niveau de protection sociale comparable.

Le taux BNC va-t-il encore augmenter après 2026 ?

Non, le calendrier du décret de 2024 s'arrête à 25,6 % au 1er janvier 2026. Aucune nouvelle hausse n'est programmée pour les activités libérales à ce jour.