La CFE (cotisation foncière des entreprises) est un impôt local que tout auto-entrepreneur paie chaque année, même sans local professionnel. Vous en êtes exonéré l'année civile de création et si votre chiffre d'affaires de l'année N-2 ne dépasse pas 5 000 €. Sinon, vous payez une cotisation minimum fixée par votre commune, le plus souvent entre 250 € et 1 200 € en 2026, au plus tard le 15 décembre, en ligne depuis votre espace professionnel impots.gouv.fr.
Qu'est-ce que la CFE et pourquoi un auto-entrepreneur la paie-t-il ?
La CFE est l'une des deux composantes de la contribution économique territoriale (CET). Elle est perçue par les communes et les intercommunalités. Elle est due par toute personne qui exerce une activité professionnelle non salariée au 1er janvier de l'année d'imposition : sociétés, entrepreneurs individuels et donc micro-entrepreneurs.
Son assiette est en principe la valeur locative des locaux utilisés pour l'activité. Un auto-entrepreneur qui travaille chez lui ou chez ses clients n'a pas de local dédié. Dans ce cas, l'administration applique une base minimum dont le montant dépend de votre chiffre d'affaires et de la décision de votre commune. C'est ce mécanisme qui explique pourquoi deux micro-entrepreneurs au même chiffre d'affaires peuvent payer des montants très différents selon leur lieu de domiciliation.
La CFE est distincte de vos cotisations sociales URSSAF et de votre impôt sur le revenu. Elle n'apparaît pas dans votre déclaration de chiffre d'affaires URSSAF et n'est pas couverte par le versement libératoire. Pour une vue d'ensemble des prélèvements du statut, consultez notre article sur les cotisations de l'auto-entrepreneur en 2026.
Exonération l'année de création : la déclaration 1447-C-SD avant le 31 décembre
Vous ne payez pas de CFE l'année civile de votre début d'activité. Un micro-entrepreneur immatriculé en mars 2026 est donc exonéré pour 2026, quel que soit son chiffre d'affaires. Cette exonération n'est pas automatique sur le plan déclaratif : vous devez déposer une déclaration initiale 1447-C-SD auprès de votre service des impôts des entreprises (SIE) avant le 31 décembre de l'année de création.
Cette déclaration se fait depuis votre espace professionnel sur impots.gouv.fr (rubrique « Démarches », puis « Déclarer la CFE ») ou par formulaire papier. Elle permet à l'administration d'identifier votre lieu d'exercice et la surface utilisée. Si vous travaillez à domicile, indiquez la surface réellement consacrée à l'activité, souvent quelques mètres carrés, ou zéro si vous n'avez aucun espace dédié.
La deuxième année, vous bénéficiez d'un autre allègement : la base d'imposition est réduite de moitié. Pour un auto-entrepreneur créé en 2025, la CFE 2026 est calculée sur 50 % de la base minimum de sa commune. Le plein montant s'applique à partir de la troisième année.
Exonération sous 5 000 € de chiffre d'affaires
Depuis 2019, les redevables dont le chiffre d'affaires hors taxes de l'année N-2 ne dépasse pas 5 000 € sont exonérés de la cotisation minimum de CFE. Pour la CFE 2026, c'est donc votre chiffre d'affaires de 2024 qui compte. Pour une entreprise créée en 2025, l'administration regarde le chiffre d'affaires de 2025, recalculé sur douze mois si l'activité a débuté en cours d'année.
Cette exonération couvre de nombreux micro-entrepreneurs en activité accessoire. Si elle s'applique, aucun avis de CFE n'est mis en ligne, ou l'avis affiche un montant nul. Si vous recevez malgré tout un avis alors que votre CA N-2 était sous 5 000 €, adressez une réclamation à votre SIE via la messagerie sécurisée de votre espace professionnel, avec votre attestation de chiffre d'affaires URSSAF en pièce jointe.
Montant de la CFE 2026 : le barème de la cotisation minimum
Lorsque vous n'avez pas de local ou que sa valeur locative est très faible, la CFE est calculée sur une base minimum. La loi fixe une fourchette par tranche de chiffre d'affaires N-2 ; chaque commune choisit une base dans cette fourchette, puis lui applique son taux. Voici le barème applicable à la CFE 2026, publié sur entreprendre.service-public.gouv.fr :
| Chiffre d'affaires HT de l'année N-2 (2024) | Base minimum 2026 (fourchette) |
|---|---|
| Jusqu'à 10 000 € | 250 € à 597 € |
| De 10 001 € à 32 600 € | 250 € à 1 194 € |
| De 32 601 € à 100 000 € | 250 € à 2 509 € |
| De 100 001 € à 250 000 € | 250 € à 4 183 € |
| De 250 001 € à 500 000 € | 250 € à 5 974 € |
| Au-delà de 500 000 € | 250 € à 7 769 € |
Attention : ce tableau donne la base, pas l'impôt final. La commune applique ensuite son taux de CFE (souvent entre 15 % et 35 %), auxquels s'ajoutent les taxes annexes (frais de gestion, taxe pour frais de chambre consulaire pour les commerçants et artisans). En pratique, un auto-entrepreneur domicilié chez lui paie le plus souvent entre 150 € et 1 200 € par an. Dans certaines grandes villes, la cotisation minimum peut dépasser ce niveau. Le montant exact figure sur votre avis.
Une idée reçue tenace : travailler de chez soi ne dispense pas de la CFE. La domiciliation à domicile, ou chez un prestataire de domiciliation commerciale, détermine simplement la commune d'imposition et la base minimum qui s'applique. Seule l'absence totale d'activité au 1er janvier, le CA N-2 inférieur à 5 000 € ou une exonération spécifique vous en dispensent.
Où trouver votre avis et comment payer avant le 15 décembre
L'avis de CFE n'est jamais envoyé par courrier. Il est mis en ligne dans votre espace professionnel impots.gouv.fr, rubrique « Consulter », puis « Avis CFE », généralement début novembre. Si vous n'avez pas encore créé cet espace, faites-le dès maintenant : l'activation demande un code reçu par courrier, ce qui peut prendre une à deux semaines.
Le paiement est obligatoirement dématérialisé. Trois options :
- Paiement en ligne depuis l'avis, en une fois, jusqu'au 15 décembre 2026 inclus (ou le jour ouvré suivant si cette date tombe un week-end).
- Prélèvement à l'échéance : vous adhérez avant le 30 novembre et le montant est prélevé automatiquement autour du 15 décembre.
- Mensualisation : dix prélèvements du 15 janvier au 15 octobre, chacun égal à un dixième de la CFE de l'année précédente, puis régularisation en décembre. L'adhésion doit être faite avant le 30 juin pour l'année en cours.
Si votre CFE dépasse 3 000 €, un acompte de 50 % est exigé entre le 26 mai et le 16 juin, avant le solde du 15 décembre. Ce cas reste rare en micro-entreprise. Un retard de paiement entraîne une majoration de 5 % plus des intérêts de retard. Ajoutez la date du 15 décembre à votre calendrier des échéances de l'auto-entrepreneur pour ne pas l'oublier au milieu des déclarations de fin d'année.
Autres exonérations de CFE pour les micro-entrepreneurs
Au-delà de l'année de création et du seuil de 5 000 €, plusieurs exonérations existent. Certaines sont de plein droit, d'autres dépendent d'une délibération de la commune :
- Artisans qui travaillent seuls ou avec des apprentis, ou dont le revenu du travail manuel représente plus de 50 % du chiffre d'affaires : exonération totale ou réduction de 25 % à 75 % selon l'effectif.
- Activités exonérées par nature : auteurs, compositeurs, artistes plasticiens, photographes-auteurs, certains professeurs (lettres, sciences, arts d'agrément) qui enseignent à domicile ou chez l'élève, sages-femmes, exploitants de meublés classés dans certaines conditions, vendeurs à domicile indépendants sous un seuil de rémunération.
- Zones prioritaires : entreprises implantées en quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV), zone France ruralités revitalisation (ZFRR), bassin urbain à dynamiser ou en Corse, sur délibération de la collectivité et pour une durée limitée.
- Chauffeurs de taxi et ambulanciers exploitant un ou deux véhicules, pêcheurs, certains exploitants agricoles.
Ces exonérations sont décrites sur impots.gouv.fr et sur economie.gouv.fr. Si vous pensez y avoir droit et que votre avis ne la mentionne pas, signalez-le à votre SIE : l'exonération n'est pas toujours appliquée automatiquement, en particulier pour les artisans.
Comment anticiper la CFE dans votre budget
La CFE tombe en décembre, au moment où beaucoup d'auto-entrepreneurs ont déjà payé leurs cotisations du trimestre et préparent la déclaration de revenus. Pour éviter une mauvaise surprise, mettez de côté chaque mois un douzième du montant de l'année précédente. Notre simulateur de cotisations vous aide à estimer ce que vous reverserez à l'URSSAF ; ajoutez-y la CFE pour obtenir votre charge annuelle complète. L'app AE Solution, gratuite, vous rappelle d'ailleurs l'échéance du 15 décembre en même temps que vos déclarations URSSAF.
Enfin, si votre activité évolue, vérifiez l'impact sur la CFE : un chiffre d'affaires qui passe de 9 000 € à 11 000 € vous fait changer de tranche deux ans plus tard. À l'inverse, une année à moins de 5 000 € vous exonère pour l'année N+2. Et si vous cessez votre activité, demandez un dégrèvement au prorata des mois restants : la CFE n'est due que pour la période d'exercice.
FAQ
Un auto-entrepreneur sans local doit-il payer la CFE ?
Oui. L'absence de local ne vous dispense pas de la CFE. Vous êtes imposé sur la base minimum fixée par votre commune de domiciliation, en fonction de votre chiffre d'affaires N-2.
Je n'ai pas reçu d'avis de CFE, est-ce normal ?
Les avis ne sont pas envoyés par courrier. Connectez-vous à votre espace professionnel impots.gouv.fr début novembre. Si aucun avis n'apparaît, vous êtes probablement exonéré (année de création ou CA N-2 sous 5 000 €).
Que se passe-t-il si j'oublie la déclaration 1447-C-SD ?
Vous restez exonéré l'année de création, mais l'administration risque de vous imposer l'année suivante sur une base par défaut, parfois sans la réduction de 50 %. Déposez la déclaration dès que possible et contactez votre SIE pour régulariser.
La CFE est-elle déductible de mes revenus ?
Non. En micro-entreprise, l'abattement forfaitaire couvre toutes vos charges, CFE comprise. Vous ne pouvez pas la déduire en plus de l'abattement.
Puis-je payer la CFE en plusieurs fois ?
Oui, en adhérant à la mensualisation avant le 30 juin : dix prélèvements de janvier à octobre, puis une régularisation en décembre.


