Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu permet à l'auto-entrepreneur de payer son impôt en même temps que ses cotisations URSSAF, avec un taux fixe sur le chiffre d'affaires : 1 % pour la vente, 1,7 % pour les services BIC, 2,2 % pour les activités libérales (BNC). En 2026, l'option est réservée aux foyers dont le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année ne dépasse pas environ 29 000 € par part. Elle est rentable quand vous êtes imposable, et coûteuse quand vous ne l'êtes pas.

Le versement libératoire, c'est quoi ?

Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu est une option fiscale réservée aux micro-entrepreneurs. Elle permet de payer vos impôts directement à l'URSSAF, en même temps que vos cotisations sociales, lors de chaque déclaration de chiffre d'affaires. Fini les mauvaises surprises en fin d'année : vous versez un pourcentage fixe de votre chiffre d'affaires (CA), qui dépend de votre activité.

ActivitéTaux du versement libératoireTaux de cotisations 2026Total prélevé sur le CA
Vente de marchandises, fourniture de logement1 %12,3 %13,3 %
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC)1,7 %21,2 %22,9 %
Activités libérales non réglementées (BNC)2,2 %25,6 %27,8 %
Professions libérales réglementées (CIPAV)2,2 %23,2 %25,4 %

Exemple : si vous réalisez 50 000 € de chiffre d'affaires dans une activité de prestation de services (BIC), votre impôt s'élève à 50 000 € × 1,7 % = 850 €, réglés au fil de vos déclarations mensuelles ou trimestrielles.

Le principal avantage ? La simplicité. Vous payez votre impôt en même temps que vos cotisations, chaque mois ou chaque trimestre, selon la périodicité choisie. Pas de régularisation en fin d'année : ce que vous avez payé est définitif. La contribution à la formation professionnelle (0,1 % à 0,3 % selon l'activité) s'ajoute à ces taux.

Qui peut opter pour le versement libératoire ?

Pour bénéficier de cette option, deux conditions doivent être remplies.

1. Respecter les plafonds de chiffre d'affaires de la micro-entreprise

Ces plafonds sont ceux du régime micro en 2026. Si vous les dépassez pendant deux années civiles consécutives, vous sortez du régime micro au 1er janvier suivant, et le versement libératoire disparaît avec lui. Le détail est dans notre article sur le plafond auto-entrepreneur 2026.

2. Ne pas dépasser un seuil de revenu fiscal de référence (RFR)

Le revenu fiscal de référence de votre foyer, consultable sur votre avis d'impôt, est apprécié sur l'avant-dernière année (N-2). Pour une option en 2026, c'est donc le RFR de 2024 qui compte. Il ne doit pas dépasser environ 29 000 € par part de quotient familial. Le montant exact est revalorisé chaque année : vérifiez-le sur impots.gouv.fr avant d'opter.

Le seuil est majoré de 50 % par demi-part supplémentaire et de 25 % par quart de part : un couple (2 parts) dispose donc d'environ 58 000 €, un couple avec deux enfants (3 parts) d'environ 87 000 €.

Comment vérifier ? Divisez votre RFR par le nombre de parts fiscales. Si le résultat est inférieur au seuil, vous êtes éligible.

Les avantages du versement libératoire

1. Une gestion simplifiée

Avec le versement libératoire, vous regroupez votre impôt et vos cotisations sociales. Tout est réglé via l'URSSAF, en un seul paiement. L'app AE Solution calcule le montant total à prévoir pour chaque échéance, cotisations et impôt compris.

2. Une imposition anticipée et régulière

Pas besoin d'attendre l'année suivante pour découvrir le montant de votre impôt. Vous payez au fil de l'eau, en fonction du chiffre d'affaires réellement encaissé. Un mois sans encaissement, c'est un mois sans impôt. Idéal pour lisser votre trésorerie.

3. Une solution intéressante pour les revenus élevés

Si vos revenus vous placent dans la tranche à 11 % ou au-delà, le versement libératoire fait souvent économiser. Contrairement au barème progressif, où l'impôt augmente avec vos revenus, le taux reste fixe.

Exemple : un consultant (BNC) avec 40 000 € de CA.

Les inconvénients du versement libératoire

1. Pas toujours avantageux

Si vous êtes peu ou pas imposable, cette option vous coûte plus cher. Pourquoi ? Parce que vous payez dès le premier euro de chiffre d'affaires, sans profiter de la tranche à 0 % du barème.

Exemple : un micro-entrepreneur (BNC) avec un CA de 10 000 €.

2. Une option qui engage pour l'année

Si vous optez pour le versement libératoire, vous êtes engagé pour toute l'année civile. Pour y renoncer, vous devez en faire la demande avant le 30 septembre, et le changement s'applique au 1er janvier suivant.

3. Une option perdue si le RFR dépasse le seuil

Si votre revenu fiscal de référence N-2 passe au-dessus du seuil, vous perdez automatiquement l'option à partir du 1er janvier de la deuxième année qui suit. Vous devez alors suivre le barème classique.

Comment choisir entre versement libératoire et barème classique ?

Le choix dépend de trois facteurs.

  1. Votre chiffre d'affaires : plus il est élevé, plus le versement libératoire est avantageux.
  2. Votre tranche d'imposition : si vous n'êtes pas imposable ou juste à la limite, le barème classique est préférable.
  3. Les revenus de votre foyer fiscal : un conjoint salarié ou d'autres revenus peuvent faire basculer votre CA micro dans une tranche supérieure, ce qui rend l'option plus intéressante.

Astuce : le simulateur de cotisations auto-entrepreneur vous donne votre revenu net dans les deux cas. Prenez le temps de faire ce calcul avant de vous engager.

Comment opter pour le versement libératoire ?

Vous pouvez choisir cette option dès la création de votre auto-entreprise, ou au plus tard le dernier jour du 3e mois qui suit la création. Passé ce délai, la demande doit être faite avant le 30 septembre pour une application au 1er janvier suivant.

La démarche se fait en ligne, depuis votre espace sur autoentrepreneur.urssaf.fr, rubrique « Gérer mon auto-entreprise ». Anticipez bien votre chiffre d'affaires de l'année à venir : c'est lui qui conditionne l'intérêt de l'option.

Que faire en cas d'erreur d'option ?

Si vous avez opté pour le versement libératoire alors que vous n'y aviez pas droit (RFR trop élevé, par exemple), vous devez régulariser votre situation auprès des impôts.

  1. Connectez-vous à votre espace particulier sur impots.gouv.fr.
  2. Corrigez votre déclaration de revenus via le service en ligne.
  3. Indiquez dans la déclaration 2042-C-PRO les montants déjà versés au titre du versement libératoire.

Les montants déjà payés sont transformés en crédit d'impôt. Vous payez ensuite votre impôt selon le barème classique.

Versement libératoire : bonne idée ou pas ?

Le versement libératoire est une option intéressante pour les auto-entrepreneurs avec un CA élevé ou des revenus imposables dans les tranches supérieures. Pour les revenus modestes ou non imposables, il est presque toujours préférable de rester sur le barème classique. Simulez les deux cas chaque année, car votre situation évolue.

FAQ

Dois-je toujours remplir une déclaration de revenus si j'opte pour le versement libératoire ?

Oui. Vous déclarez chaque printemps votre chiffre d'affaires dans le formulaire 2042-C-PRO, en cochant la case dédiée au versement libératoire. Le CA sert à calculer votre taux d'imposition global et votre revenu fiscal de référence, mais il n'est pas imposé une seconde fois.

Puis-je renoncer au versement libératoire ?

Oui. La demande doit être faite auprès de l'URSSAF avant le 30 septembre, pour une application au 1er janvier suivant.

Le versement libératoire est-il compatible avec la TVA ?

Oui. Si vous êtes redevable de la TVA, vous déclarez votre chiffre d'affaires hors taxes à l'URSSAF, et le versement libératoire se calcule sur ce montant HT.