Pour un ostéopathe qui encaisse 75 000 € par an avec 11 000 € de charges, l'auto-entreprise avec versement libératoire laisse en 2026 le revenu net le plus élevé (environ 43 000 €), devant l'entreprise individuelle au réel (environ 37 000 €) et l'auto-entreprise au barème classique (environ 37 000 €). Mais le versement libératoire se perd à ce niveau de revenu, et le réel procure une meilleure retraite. Voici la simulation détaillée.
Le choix du statut impacte fortement le revenu net après impôt et les cotisations sociales d'un ostéopathe. Nous avons comparé trois régimes pour un ostéopathe célibataire, sans autre revenu, avec 11 000 € de charges de fonctionnement (loyer du cabinet, matériel, assurance, logiciel) :
- Auto-entreprise avec versement libératoire de l'IR (aussi appelé prélèvement libératoire).
- Auto-entreprise avec barème progressif (abattement forfaitaire de 34 %).
- Entreprise individuelle (EI) au régime réel, déclaration contrôlée BNC.
L'ostéopathe relève des bénéfices non commerciaux (BNC). En micro-entreprise, il n'est pas affilié à la CIPAV mais au régime général des indépendants : son taux de cotisations est de 25,6 % du CA en 2026 (24,6 % en 2025). Le plafond du régime micro pour son activité est de 83 600 €. Il est exonéré de TVA : les actes d'ostéopathie en sont exemptés quel que soit le chiffre d'affaires.
Synthèse des résultats : comparaison des revenus nets
| Poste | Micro + versement libératoire | Micro + barème | EI au réel (BNC) |
|---|---|---|---|
| Chiffre d'affaires | 75 000 € | 75 000 € | 75 000 € |
| Charges de fonctionnement | 11 000 € (non déductibles) | 11 000 € (non déductibles) | 11 000 € (déductibles) |
| Cotisations sociales | 19 200 € (25,6 % du CA) | 19 200 € (25,6 % du CA) | environ 20 400 € (sur le bénéfice) |
| Impôt sur le revenu | 1 650 € (2,2 % du CA) | environ 8 000 € | environ 6 900 € |
| Revenu net après impôt | environ 43 150 € | environ 36 800 € | environ 36 700 € |
Les montants d'impôt sont calculés avec le barème progressif applicable en 2026 pour une part, sans réduction ni crédit d'impôt. Les cotisations de l'EI au réel sont une estimation : leur calcul exact dépend des taux de chaque caisse et de la régularisation de l'année suivante.
Constat clé :
- L'auto-entreprise avec versement libératoire offre le meilleur revenu net, avec une gestion simplifiée.
- L'entreprise individuelle permet de déduire les charges et les cotisations, mais son revenu net reste du même ordre que la micro au barème.
Détail des charges et cotisations
Auto-entreprise avec versement libératoire
- Cotisations sociales : 25,6 % du CA, soit 19 200 €, plus 0,2 % de contribution à la formation professionnelle (150 €).
- Impôt sur le revenu : 2,2 % du CA, soit 1 650 €, payés avec les cotisations à chaque déclaration URSSAF.
- Revenu net après impôt et charges : environ 43 150 €.
Avantages :
- simplicité administrative, une seule déclaration mensuelle ou trimestrielle ;
- impôt payé au fil de l'eau, sans régularisation.
Inconvénients :
- aucune déduction des charges réelles ;
- option soumise à une condition de revenu fiscal de référence, détaillée plus bas.
Auto-entreprise avec barème progressif
- Cotisations sociales : 25,6 % du CA, soit 19 200 €.
- Impôt sur le revenu : calculé sur le CA après abattement de 34 %, soit 49 500 € de revenu imposable, ce qui donne environ 8 000 € d'impôt pour une part.
- Revenu net après impôt et charges : environ 36 800 €.
Avantages :
- intéressant si vous êtes peu imposable ou si votre foyer a des parts supplémentaires ;
- même simplicité administrative que le versement libératoire.
Inconvénients :
- impôt bien plus élevé qu'avec le versement libératoire (plus de 6 000 € d'écart) ;
- pas de déduction des charges réelles : l'abattement de 34 % (25 500 €) est ici supérieur aux charges réelles (11 000 €), ce qui reste favorable.
Entreprise individuelle au régime réel
- Charges déductibles : 11 000 €.
- Cotisations sociales : environ 20 400 €, calculées sur le bénéfice et elles-mêmes déductibles.
- Impôt sur le revenu : environ 6 900 €, sur un bénéfice imposable d'environ 43 600 € après déduction des charges et des cotisations.
- Revenu net après impôt : environ 36 700 €.
Avantages :
- déduction des charges professionnelles et des cotisations sociales ;
- plus les charges réelles augmentent (achat de matériel, local plus grand, salarié), plus le réel devient avantageux.
Inconvénients :
- gestion comptable plus complexe (déclaration 2035, souvent un expert-comptable, de 1 000 à 2 000 € par an) ;
- cotisations appelées sur une base provisionnelle puis régularisées : une trésorerie à anticiper.
Impact sur la retraite
Le choix du statut impacte également les droits à la retraite. Avec 75 000 € de CA, les trois régimes valident les 4 trimestres de l'année. La différence se joue sur la retraite complémentaire :
- Auto-entreprise (versement libératoire ou barème) : les cotisations sont calculées sur un CA après abattement forfaitaire, ce qui donne une assiette de retraite plus faible, de l'ordre de 110 points de retraite complémentaire par an.
- Entreprise individuelle au réel : l'assiette est le bénéfice réel, plus élevée ici, de l'ordre de 150 points de retraite complémentaire par an.
Constat clé : l'entreprise individuelle offre une meilleure retraite pour un CA équivalent, un facteur décisif si l'objectif est d'optimiser sa couverture sociale à long terme. Notre article sur la retraite de l'auto-entrepreneur détaille le calcul des trimestres et des points.
Quel statut choisir selon son profil ?
Tant que les conditions du versement libératoire sont réunies, l'auto-entreprise est la plus avantageuse financièrement, avec un revenu net plus élevé et une gestion simplifiée. Mais ce régime présente des limites sur le plan social, notamment en matière de retraite.
Surtout, cet avantage fiscal est temporaire. Le versement libératoire est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année ne dépasse pas environ 29 000 € par part. Avec 75 000 € de CA, le revenu fiscal de référence de notre ostéopathe célibataire atteint 49 500 € : il perd l'option à compter de la deuxième année suivant celle où le seuil est dépassé, et bascule automatiquement sur le barème progressif. Les règles complètes sont dans notre article sur le versement libératoire.
À ce stade, la micro au barème et l'EI au réel se valent sur le revenu net, et le réel l'emporte sur la protection sociale et sur la possibilité de déduire des charges croissantes. Le plafond de 83 600 € est en outre proche : un ostéopathe qui développe sa patientèle le dépassera vite, et deux années consécutives au-dessus entraînent de toute façon la sortie du régime micro.
Pour aller plus loin sur la méthode de comparaison, lisez notre article pilier auto-entreprise ou régime réel : comment choisir. Pour tester vos propres chiffres, le simulateur de cotisations auto-entrepreneur calcule votre revenu net en micro, avec ou sans versement libératoire.
FAQ
Un ostéopathe en micro-entreprise cotise-t-il à la CIPAV ?
Non. L'ostéopathie ne fait pas partie des professions rattachées à la CIPAV. L'ostéopathe micro-entrepreneur relève du régime général des indépendants, avec un taux de cotisations de 25,6 % du CA en 2026.
Un ostéopathe doit-il facturer la TVA ?
Non. Les actes de soins dispensés par les ostéopathes sont exonérés de TVA, quel que soit le chiffre d'affaires et quel que soit le régime. Seules les ventes accessoires (produits, formations) peuvent y être soumises.
Quand passer de l'auto-entreprise à l'EI au réel ?
Dès que vos charges réelles dépassent durablement 34 % de votre CA, que vous perdez le versement libératoire, ou que vous approchez du plafond de 83 600 €. L'option pour le réel se prend avant le 1er février de l'année concernée.



