Il n'y a aucune différence entre auto-entrepreneur et micro-entrepreneur : depuis le 1er janvier 2016, les deux termes désignent le même régime, celui de la micro-entreprise. « Micro-entrepreneur » est le nom officiel, « auto-entrepreneur » le nom d'usage. Ce régime est une forme simplifiée de l'entreprise individuelle, elle-même une façon d'être travailleur indépendant. En 2026, il s'applique jusqu'à 83 600 € de chiffre d'affaires pour les services et 203 100 € pour la vente, avec des cotisations de 12,3 % à 25,6 % du CA.
Tableau comparatif rapide 2026
| Activité | Plafond micro | Taux de cotisations | Franchise de TVA |
|---|---|---|---|
| Vente de marchandises et hébergement | 203 100 € | 12,3 % | 85 000 € (majoré 93 500 €) |
| Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) | 83 600 € | 21,2 % | 37 500 € (majoré 41 250 €) |
| Activités libérales non réglementées (BNC) | 83 600 € | 25,6 % | 37 500 € (majoré 41 250 €) |
| Professions libérales réglementées (CIPAV) | 83 600 € | 23,2 % | 37 500 € (majoré 41 250 €) |
Ce régime est idéal pour une gestion simplifiée, mais attention aux plafonds et aux obligations fiscales. Le vrai choix ne se fait pas entre auto et micro, mais entre le régime micro et l'entreprise individuelle au régime réel.
Travailleur indépendant, entreprise individuelle, micro-entreprise : trois niveaux
La confusion vient de ce que les trois termes ne sont pas du même niveau. Ils s'emboîtent.
- Travailleur indépendant : un terme générique qui englobe toute personne exerçant une activité à son compte, sans lien de subordination. Il peut s'agir d'artisans, de commerçants, de consultants, de professionnels libéraux, mais aussi de gérants de société. Ce n'est pas un statut juridique.
- Entreprise individuelle (EI) : la forme juridique la plus simple pour un indépendant. Une seule personne, pas de capital, pas de statuts. Depuis la loi du 14 février 2022, le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est protégé par défaut, et l'EIRL a disparu.
- Micro-entreprise (ou auto-entreprise) : un régime fiscal et social simplifié, accessible à l'entrepreneur individuel tant que son chiffre d'affaires reste sous les plafonds. Les cotisations et l'impôt sont calculés en pourcentage du CA, sans déduction de charges réelles.
Autrement dit, tout auto-entrepreneur est un entrepreneur individuel et un travailleur indépendant. L'inverse n'est pas vrai : un entrepreneur individuel qui a opté pour le régime réel n'est pas micro-entrepreneur, et un gérant de SASU est un travailleur indépendant sans être entrepreneur individuel.
Auto-entrepreneur et micro-entrepreneur : une évolution de terminologie
Le statut d'auto-entrepreneur a été créé par la loi de modernisation de l'économie du 4 août 2008 et lancé le 1er janvier 2009, pour simplifier la création d'entreprise. À l'époque, il coexistait avec le régime fiscal de la micro-entreprise, qui existait déjà pour les petites entreprises individuelles mais sans le régime micro-social simplifié.
La loi Pinel du 18 juin 2014 a fusionné les deux dispositifs, avec effet au 1er janvier 2016. Depuis cette date, il n'existe plus qu'un seul régime, appelé officiellement « micro-entreprise » (ou « micro-entrepreneur »). Le mot « auto-entrepreneur » est resté dans le langage courant, dans le nom du site de l'URSSAF (autoentrepreneur.urssaf.fr) et dans la plupart des recherches en ligne. Les caractéristiques de ce régime unique sont les suivantes :
- une comptabilité allégée : un livre des recettes, un registre des achats pour les activités de vente, mais aucun bilan ni compte de résultat ;
- un régime fiscal et social simplifié : les cotisations sociales et, en option, l'impôt sur le revenu sont calculés directement sur le chiffre d'affaires encaissé ;
- une franchise en base de TVA tant que le CA reste sous 37 500 € (services) ou 85 000 € (vente) ;
- des plafonds de chiffre d'affaires à respecter : 83 600 € ou 203 100 € en 2026. Deux années civiles consécutives de dépassement entraînent la sortie du régime au 1er janvier suivant.
Les obligations fiscales et sociales de l'auto-entrepreneur
Les formalités de création
La déclaration d'activité se fait exclusivement via le guichet unique sur formalites.entreprises.gouv.fr. Vous recevez ensuite votre numéro SIRET et créez votre espace sur le site de l'URSSAF. Ces formalités constituent le socle du régime simplifié.
Les obligations courantes
En tant que micro-entrepreneur, vous devez :
- Déclarer régulièrement votre chiffre d'affaires auprès de l'URSSAF : chaque mois ou chaque trimestre, y compris lorsque vous n'avez rien encaissé (déclaration à 0 €). Une déclaration manquante coûte environ 60 € de pénalité, et 24 mois consécutifs sans CA conduisent à la radiation. Notre guide de la déclaration URSSAF détaille la procédure.
- Respecter les seuils de TVA : au-delà des plafonds de franchise, vous facturez la TVA, vos factures la mentionnent et vous déposez des déclarations de TVA.
- Tenir une comptabilité simplifiée : conserver vos factures, tenir le livre des recettes et justifier chaque encaissement.
- Gérer votre rémunération : il n'y a pas de fiche de paie. Votre revenu correspond au CA encaissé, moins les cotisations et l'impôt. Le simulateur de cotisations calcule ce revenu net.
Un contrôle URSSAF peut être déclenché à tout moment pour vérifier la sincérité de vos déclarations, par exemple si un dépassement de plafond est suspecté.
Comparaison directe : micro-entreprise ou entreprise individuelle au réel
Plafonds de revenus et impôts
Voici les seuils et obligations fiscales applicables en 2026 :
| Type d'activité | Franchise de TVA | Plafond du régime micro | Abattement forfaitaire IR | Versement libératoire |
|---|---|---|---|---|
| Vente de marchandises et hébergement | 85 000 € | 203 100 € | 71 % | 1 % |
| Prestations de services BIC | 37 500 € | 83 600 € | 50 % | 1,7 % |
| Activités libérales BNC | 37 500 € | 83 600 € | 34 % | 2,2 % |
Au régime micro, l'impôt sur le revenu se calcule sur le CA après l'abattement forfaitaire (minimum 305 €), ou par versement libératoire sous condition de revenu fiscal de référence. Au régime réel, il se calcule sur le bénéfice réel, après déduction des charges et des cotisations.
Obligations administratives
Puisque auto-entrepreneur et micro-entrepreneur sont le même régime, les obligations sont identiques. La vraie comparaison se fait avec l'entreprise individuelle au réel :
| Obligation | Micro-entreprise | Entreprise individuelle au réel |
|---|---|---|
| Comptabilité | Livre des recettes, registre des achats | Comptabilité complète, bilan, liasse fiscale (2031 ou 2035) |
| Cotisations sociales | Pourcentage du CA, payé au fil de l'eau | Calculées sur le bénéfice, avec appels provisionnels et régularisation |
| Déduction des charges | Impossible (abattement forfaitaire) | Charges réelles déductibles |
| TVA | Franchise sous les seuils | Franchise possible aussi, ou TVA récupérable |
| Expert-comptable | Facultatif | Fortement recommandé |
Options de croissance
Le régime micro est particulièrement adapté aux activités avec des revenus modestes à moyens et peu de charges. Trois signaux indiquent qu'il est temps d'envisager le réel :
- vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire (34 %, 50 % ou 71 % du CA) ;
- votre CA s'approche du plafond micro deux années de suite ;
- vous voulez embaucher, investir ou vous associer.
Notre article pilier auto-entreprise ou régime réel : comment choisir compare les deux avec des exemples chiffrés.
Avantages et inconvénients du régime micro
| Avantages | Limites |
|---|---|
| Création rapide et gratuite en ligne | Plafonds de CA stricts (83 600 € services, 203 100 € vente) |
| Comptabilité réduite au minimum | Aucune déduction des charges professionnelles |
| Cotisations proportionnelles au CA, zéro CA = zéro cotisation | Protection sociale limitée (retraite, indemnités journalières) |
| Franchise de TVA sous les seuils | TVA non récupérable sur les achats |
| ACRE : taux réduits de 50 % la première année | Impossible de s'associer |
L'ACRE réduit les taux de cotisations de 50 % pendant les trois trimestres civils suivant le trimestre de création (25 % pour les créations à partir du 1er juillet 2026). L'app AE Solution suit vos déclarations et vous alerte en cas d'approche des seuils de TVA ou du plafond micro.
Choisir votre régime
Définir vos objectifs
Le régime micro est adapté si vos frais professionnels sont faibles, si vous démarrez une activité secondaire ou si vous recherchez une gestion administrative simplifiée. Si vous prévoyez des investissements importants ou des charges élevées (local, matériel, sous-traitance), le régime réel répond mieux à vos besoins.
Considérations fiscales et financières
Comparez le total prélevé au régime micro (cotisations de 12,3 % à 25,6 % du CA, plus l'impôt) au total prélevé au réel (cotisations d'environ 45 % du bénéfice, plus l'impôt sur ce bénéfice). Le point de bascule dépend de votre taux de charges réelles : en dessous de l'abattement forfaitaire, le micro gagne presque toujours.
Influence de votre activité
Certaines professions ne sont pas éligibles au régime micro : les activités agricoles relevant de la MSA, les professions libérales réglementées hors CIPAV (médecins, avocats, experts-comptables), les agents immobiliers et marchands de biens, les activités soumises à la TVA immobilière. Le régime reste accessible tant que les seuils de CA ne sont pas dépassés deux années de suite.
Conclusion
Le terme « travailleur indépendant » est très général, « entrepreneur individuel » désigne une forme juridique, et « auto-entrepreneur » comme « micro-entrepreneur » désignent le même régime simplifié depuis 2016. Ce régime est apprécié pour sa flexibilité, ses obligations comptables allégées et sa fiscalité simplifiée. Gardez un œil sur votre chiffre d'affaires et sur les seuils de TVA, et réévaluez chaque année si le régime micro reste le plus avantageux pour votre activité.
FAQ
Faut-il écrire auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur sur mes factures ?
Ni l'un ni l'autre n'est obligatoire. Vos factures doivent mentionner votre nom, votre SIRET et, si vous êtes en franchise de TVA, la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». La mention « EI » ou « entrepreneur individuel » après votre nom est en revanche obligatoire depuis 2022.
Un auto-entrepreneur est-il une entreprise individuelle ?
Oui. La micro-entreprise n'est pas une forme juridique distincte : c'est une entreprise individuelle qui a choisi le régime micro-fiscal et micro-social.
Peut-on passer de micro-entrepreneur à entreprise individuelle au réel ?
Oui, sur option avant le 1er février de l'année pour laquelle vous souhaitez être au réel, ou automatiquement après deux années de dépassement du plafond. Le numéro SIRET ne change pas.



