Il n'y a aucune différence entre auto-entrepreneur et micro-entrepreneur : depuis le 1er janvier 2016, les deux termes désignent le même régime, celui de la micro-entreprise. « Micro-entrepreneur » est le nom officiel, « auto-entrepreneur » le nom d'usage. Ce régime est une forme simplifiée de l'entreprise individuelle, elle-même une façon d'être travailleur indépendant. En 2026, il s'applique jusqu'à 83 600 € de chiffre d'affaires pour les services et 203 100 € pour la vente, avec des cotisations de 12,3 % à 25,6 % du CA.

Tableau comparatif rapide 2026

ActivitéPlafond microTaux de cotisationsFranchise de TVA
Vente de marchandises et hébergement203 100 €12,3 %85 000 € (majoré 93 500 €)
Prestations de services commerciales et artisanales (BIC)83 600 €21,2 %37 500 € (majoré 41 250 €)
Activités libérales non réglementées (BNC)83 600 €25,6 %37 500 € (majoré 41 250 €)
Professions libérales réglementées (CIPAV)83 600 €23,2 %37 500 € (majoré 41 250 €)

Ce régime est idéal pour une gestion simplifiée, mais attention aux plafonds et aux obligations fiscales. Le vrai choix ne se fait pas entre auto et micro, mais entre le régime micro et l'entreprise individuelle au régime réel.

Travailleur indépendant, entreprise individuelle, micro-entreprise : trois niveaux

La confusion vient de ce que les trois termes ne sont pas du même niveau. Ils s'emboîtent.

Autrement dit, tout auto-entrepreneur est un entrepreneur individuel et un travailleur indépendant. L'inverse n'est pas vrai : un entrepreneur individuel qui a opté pour le régime réel n'est pas micro-entrepreneur, et un gérant de SASU est un travailleur indépendant sans être entrepreneur individuel.

Auto-entrepreneur et micro-entrepreneur : une évolution de terminologie

Le statut d'auto-entrepreneur a été créé par la loi de modernisation de l'économie du 4 août 2008 et lancé le 1er janvier 2009, pour simplifier la création d'entreprise. À l'époque, il coexistait avec le régime fiscal de la micro-entreprise, qui existait déjà pour les petites entreprises individuelles mais sans le régime micro-social simplifié.

La loi Pinel du 18 juin 2014 a fusionné les deux dispositifs, avec effet au 1er janvier 2016. Depuis cette date, il n'existe plus qu'un seul régime, appelé officiellement « micro-entreprise » (ou « micro-entrepreneur »). Le mot « auto-entrepreneur » est resté dans le langage courant, dans le nom du site de l'URSSAF (autoentrepreneur.urssaf.fr) et dans la plupart des recherches en ligne. Les caractéristiques de ce régime unique sont les suivantes :

Les obligations fiscales et sociales de l'auto-entrepreneur

Les formalités de création

La déclaration d'activité se fait exclusivement via le guichet unique sur formalites.entreprises.gouv.fr. Vous recevez ensuite votre numéro SIRET et créez votre espace sur le site de l'URSSAF. Ces formalités constituent le socle du régime simplifié.

Les obligations courantes

En tant que micro-entrepreneur, vous devez :

Un contrôle URSSAF peut être déclenché à tout moment pour vérifier la sincérité de vos déclarations, par exemple si un dépassement de plafond est suspecté.

Comparaison directe : micro-entreprise ou entreprise individuelle au réel

Plafonds de revenus et impôts

Voici les seuils et obligations fiscales applicables en 2026 :

Type d'activitéFranchise de TVAPlafond du régime microAbattement forfaitaire IRVersement libératoire
Vente de marchandises et hébergement85 000 €203 100 €71 %1 %
Prestations de services BIC37 500 €83 600 €50 %1,7 %
Activités libérales BNC37 500 €83 600 €34 %2,2 %

Au régime micro, l'impôt sur le revenu se calcule sur le CA après l'abattement forfaitaire (minimum 305 €), ou par versement libératoire sous condition de revenu fiscal de référence. Au régime réel, il se calcule sur le bénéfice réel, après déduction des charges et des cotisations.

Obligations administratives

Puisque auto-entrepreneur et micro-entrepreneur sont le même régime, les obligations sont identiques. La vraie comparaison se fait avec l'entreprise individuelle au réel :

ObligationMicro-entrepriseEntreprise individuelle au réel
ComptabilitéLivre des recettes, registre des achatsComptabilité complète, bilan, liasse fiscale (2031 ou 2035)
Cotisations socialesPourcentage du CA, payé au fil de l'eauCalculées sur le bénéfice, avec appels provisionnels et régularisation
Déduction des chargesImpossible (abattement forfaitaire)Charges réelles déductibles
TVAFranchise sous les seuilsFranchise possible aussi, ou TVA récupérable
Expert-comptableFacultatifFortement recommandé

Options de croissance

Le régime micro est particulièrement adapté aux activités avec des revenus modestes à moyens et peu de charges. Trois signaux indiquent qu'il est temps d'envisager le réel :

Notre article pilier auto-entreprise ou régime réel : comment choisir compare les deux avec des exemples chiffrés.

Avantages et inconvénients du régime micro

AvantagesLimites
Création rapide et gratuite en lignePlafonds de CA stricts (83 600 € services, 203 100 € vente)
Comptabilité réduite au minimumAucune déduction des charges professionnelles
Cotisations proportionnelles au CA, zéro CA = zéro cotisationProtection sociale limitée (retraite, indemnités journalières)
Franchise de TVA sous les seuilsTVA non récupérable sur les achats
ACRE : taux réduits de 50 % la première annéeImpossible de s'associer

L'ACRE réduit les taux de cotisations de 50 % pendant les trois trimestres civils suivant le trimestre de création (25 % pour les créations à partir du 1er juillet 2026). L'app AE Solution suit vos déclarations et vous alerte en cas d'approche des seuils de TVA ou du plafond micro.

Choisir votre régime

Définir vos objectifs

Le régime micro est adapté si vos frais professionnels sont faibles, si vous démarrez une activité secondaire ou si vous recherchez une gestion administrative simplifiée. Si vous prévoyez des investissements importants ou des charges élevées (local, matériel, sous-traitance), le régime réel répond mieux à vos besoins.

Considérations fiscales et financières

Comparez le total prélevé au régime micro (cotisations de 12,3 % à 25,6 % du CA, plus l'impôt) au total prélevé au réel (cotisations d'environ 45 % du bénéfice, plus l'impôt sur ce bénéfice). Le point de bascule dépend de votre taux de charges réelles : en dessous de l'abattement forfaitaire, le micro gagne presque toujours.

Influence de votre activité

Certaines professions ne sont pas éligibles au régime micro : les activités agricoles relevant de la MSA, les professions libérales réglementées hors CIPAV (médecins, avocats, experts-comptables), les agents immobiliers et marchands de biens, les activités soumises à la TVA immobilière. Le régime reste accessible tant que les seuils de CA ne sont pas dépassés deux années de suite.

Conclusion

Le terme « travailleur indépendant » est très général, « entrepreneur individuel » désigne une forme juridique, et « auto-entrepreneur » comme « micro-entrepreneur » désignent le même régime simplifié depuis 2016. Ce régime est apprécié pour sa flexibilité, ses obligations comptables allégées et sa fiscalité simplifiée. Gardez un œil sur votre chiffre d'affaires et sur les seuils de TVA, et réévaluez chaque année si le régime micro reste le plus avantageux pour votre activité.

FAQ

Faut-il écrire auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur sur mes factures ?

Ni l'un ni l'autre n'est obligatoire. Vos factures doivent mentionner votre nom, votre SIRET et, si vous êtes en franchise de TVA, la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». La mention « EI » ou « entrepreneur individuel » après votre nom est en revanche obligatoire depuis 2022.

Un auto-entrepreneur est-il une entreprise individuelle ?

Oui. La micro-entreprise n'est pas une forme juridique distincte : c'est une entreprise individuelle qui a choisi le régime micro-fiscal et micro-social.

Peut-on passer de micro-entrepreneur à entreprise individuelle au réel ?

Oui, sur option avant le 1er février de l'année pour laquelle vous souhaitez être au réel, ou automatiquement après deux années de dépassement du plafond. Le numéro SIRET ne change pas.