Un retard de déclaration URSSAF coûte à l'auto-entrepreneur environ 60 € par échéance manquée en 2026 (1,5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 €). Un retard de paiement entraîne une majoration de 5 % des cotisations dues, puis 0,2 % par mois de retard supplémentaire. Si vous ne déclarez pas du tout, l'URSSAF applique une taxation d'office sur une base forfaitaire majorée. Dans tous les cas, la marche à suivre est la même : déclarer immédiatement, même sans payer, puis demander un délai de paiement et, si c'est votre premier retard, une remise des majorations.
Retard de déclaration : la pénalité de 60 €
La déclaration de chiffre d'affaires est obligatoire à chaque échéance, mensuelle ou trimestrielle, même pour un chiffre d'affaires nul. Dès le lendemain de la date limite, l'URSSAF applique une pénalité égale à 1,5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale par déclaration manquante, soit environ 60 € en 2026. Cette pénalité s'applique par échéance : trois mois oubliés représentent trois pénalités, environ 180 €.
Deux précisions importantes. D'abord, la pénalité est due même si votre chiffre d'affaires est de 0 € : l'absence de cotisations ne supprime pas l'obligation de déclarer. Ensuite, la pénalité est indépendante de la majoration de retard de paiement : si vous déclarez tard et payez tard, les deux se cumulent. Les dates limites de chaque période figurent dans notre guide de la déclaration URSSAF de l'auto-entrepreneur.
Retard de paiement : 5 % puis 0,2 % par mois
Lorsque la déclaration est faite mais que le paiement n'arrive pas à la date limite, l'URSSAF applique deux majorations distinctes, prévues à l'article R. 243-18 du code de la sécurité sociale :
- Une majoration initiale de 5 % du montant des cotisations non réglées à la date d'exigibilité.
- Une majoration complémentaire de 0,2 % du montant des cotisations dues, par mois ou fraction de mois de retard, à compter de la date d'exigibilité.
Exemple : un micro-entrepreneur en prestations de services a déclaré 6 000 € de chiffre d'affaires pour le premier trimestre 2026, soit 1 272 € de cotisations (21,2 %). Il paie avec quatre mois de retard. La majoration initiale est de 63,60 € (5 %) et la majoration complémentaire de 10,18 € (0,2 % x 4 mois), soit 73,78 € au total. Le tableau ci-dessous récapitule les montants pour les situations courantes.
| Situation | Sanction en 2026 | Base légale ou de calcul |
|---|---|---|
| Déclaration non faite à la date limite | Environ 60 € par déclaration manquante | 1,5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 €) |
| Paiement en retard | 5 % des cotisations dues | Majoration initiale, art. R. 243-18 CSS |
| Chaque mois de retard supplémentaire | + 0,2 % des cotisations dues | Majoration complémentaire, art. R. 243-18 CSS |
| Absence prolongée de déclaration | Taxation d'office sur base forfaitaire majorée | Cotisations calculées sur un chiffre d'affaires théorique, plus pénalités |
| Première erreur de bonne foi régularisée | Pas de majoration | Droit à l'erreur, loi ESSOC de 2018 |
Ces majorations courent jusqu'au paiement effectif. Plus vous attendez, plus la part de 0,2 % mensuelle grossit : régulariser vite coûte toujours moins cher.
Taxation d'office : ce qui arrive si vous ne déclarez plus
Quand une ou plusieurs déclarations restent absentes malgré les relances, l'URSSAF ne reste pas sans base de calcul : elle applique une taxation d'office. Les cotisations sont alors calculées sur un chiffre d'affaires forfaitaire, et non sur vos encaissements réels. Cette base est fixée à un niveau élevé, majoré à chaque échéance manquante consécutive, et peut dépasser largement ce que vous auriez payé en déclarant un chiffre d'affaires faible ou nul. S'y ajoutent la pénalité d'environ 60 € par déclaration et les majorations de retard de paiement.
La taxation d'office n'est pas définitive. Dès que vous déposez la déclaration réelle de la période concernée, l'URSSAF recalcule les cotisations sur le chiffre d'affaires effectivement encaissé et annule la base forfaitaire. Seules les pénalités de déclaration tardive restent dues, sauf remise accordée. En revanche, laisser une taxation d'office s'accumuler sur 24 mois peut conduire à la radiation de la micro-entreprise pour absence d'activité déclarée, en plus d'une dette qui devient difficile à négocier.
Comment régulariser un retard, étape par étape
- Déclarez immédiatement, même sans payer. Connectez-vous à autoentrepreneur.urssaf.fr, rubrique « Déclarer et payer » puis « Mes échéances ». Les échéances en retard restent ouvertes à la déclaration. Saisissez le chiffre d'affaires réellement encaissé sur la période (0 si rien n'a été encaissé). Cette seule action arrête la taxation d'office et évite une nouvelle pénalité.
- Vérifiez le montant dû. Le site affiche les cotisations calculées. Vous pouvez contrôler l'ordre de grandeur avec le simulateur de cotisations auto-entrepreneur.
- Payez ce que vous pouvez. Un paiement partiel réduit la base sur laquelle court la majoration de 0,2 % mensuelle. Privilégiez le télépaiement ou la carte bancaire depuis votre espace.
- Demandez un délai de paiement pour le solde, sans attendre la mise en demeure (voir ci-dessous).
- Demandez la remise des majorations une fois le principal réglé ou l'échéancier respecté.
- Conservez les justificatifs : accusé de réception de la déclaration, reçu de paiement, échanges avec l'URSSAF. Ils serviront en cas de contrôle URSSAF ultérieur.
Si vous avez déclaré à temps mais commis une erreur de montant, la correction se fait depuis « Mes échéances » ; la procédure est détaillée dans notre article sur les erreurs de déclaration URSSAF.
Demander un délai de paiement à l'URSSAF
L'URSSAF accorde des échéanciers aux micro-entrepreneurs en difficulté passagère, à condition que les déclarations soient à jour. La demande se fait en ligne depuis votre espace (rubrique « Messagerie » ou « Demander un délai de paiement » lorsqu'elle apparaît sur l'échéance), ou par courrier à votre URSSAF régionale. Indiquez :
- le montant total que vous ne pouvez pas régler et les échéances concernées ;
- la cause du retard (baisse d'activité, impayé client, arrêt maladie, trésorerie saisonnière) ;
- la proposition d'échéancier : un premier versement immédiat, puis des mensualités sur 3 à 12 mois ;
- les pièces justificatives : relevés bancaires récents, factures impayées, attestation d'arrêt de travail le cas échéant.
Un échéancier accepté suspend les poursuites. Pendant sa durée, les majorations de retard continuent de courir sur le solde restant, mais elles pourront faire l'objet d'une remise à la fin si vous respectez chaque mensualité. Un échéancier non respecté est annulé et la totalité redevient exigible immédiatement.
Si l'URSSAF a déjà envoyé une mise en demeure, vous avez un mois pour payer, obtenir un délai ou saisir la commission de recours amiable. Passé ce délai, elle peut émettre une contrainte, qui vaut titre exécutoire et ouvre la voie à un recouvrement forcé (saisie sur compte bancaire). Agir avant cette étape est déterminant.
Droit à l'erreur et remise des majorations
Le droit à l'erreur
Depuis la loi ESSOC de 2018, un cotisant qui commet une première erreur de bonne foi, par exemple un oubli de déclaration ou une saisie erronée, n'est pas sanctionné s'il la régularise spontanément ou à la première demande de l'URSSAF. Concrètement, un auto-entrepreneur qui n'a jamais été en retard et qui déclare puis paie une échéance oubliée dans les 30 jours suivant la date limite bénéficie en général d'une annulation automatique de la majoration initiale de 5 % et de la pénalité de déclaration tardive. Le droit à l'erreur ne couvre ni la récidive ni la mauvaise foi (chiffre d'affaires volontairement minoré, déclarations absentes sur plusieurs périodes).
La demande de remise gracieuse
En dehors du droit à l'erreur, vous pouvez demander une remise des majorations et pénalités une fois les cotisations principales réglées ou l'échéancier en cours de respect. La demande se fait par la messagerie de votre espace en ligne ou par courrier, en expliquant les circonstances (difficulté exceptionnelle, problème de santé, retard indépendant de votre volonté) et en joignant les justificatifs. La remise de la majoration initiale de 5 % est de droit pour un premier retard régularisé dans les 30 jours ; la remise de la majoration complémentaire de 0,2 % et de la pénalité de déclaration est accordée au cas par cas par le directeur de l'URSSAF. Sans réponse dans les deux mois, la demande est considérée comme rejetée ; un recours devant la commission de recours amiable reste possible.
Pour ne plus vivre cette situation, deux réflexes suffisent : activer le télépaiement pour que l'échéance se règle automatiquement après validation, et suivre les dates limites dans le calendrier des échéances de l'auto-entrepreneur. L'app AE Solution calcule vos cotisations au fil de vos encaissements et vous rappelle chaque échéance quelques jours avant la date limite.
Sources officielles : urssaf.fr, espace auto-entrepreneur ; service-public.fr, déclaration et paiement des cotisations du micro-entrepreneur ; article R. 243-18 du code de la sécurité sociale.
FAQ
Quelle est la pénalité pour un retard de déclaration URSSAF en auto-entrepreneur ?
Environ 60 € par déclaration manquante en 2026, soit 1,5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 €). Elle s'applique même pour un chiffre d'affaires nul.
Quelle majoration en cas de paiement en retard ?
5 % des cotisations dues, puis 0,2 % par mois ou fraction de mois de retard jusqu'au paiement complet. Les deux se cumulent avec la pénalité de déclaration tardive le cas échéant.
Que faire si je n'ai pas les moyens de payer mes cotisations ?
Déclarez quand même à la date limite, payez ce que vous pouvez, puis demandez un délai de paiement depuis votre espace en ligne avec vos justificatifs. Un échéancier accepté suspend les poursuites.
Peut-on obtenir l'annulation des majorations URSSAF ?
Oui. Pour un premier retard régularisé dans les 30 jours, le droit à l'erreur annule la majoration de 5 %. Pour le reste, une demande de remise gracieuse se fait après paiement du principal, par la messagerie de votre espace.
Comment sortir d'une taxation d'office ?
En déposant la déclaration réelle de chaque période concernée sur autoentrepreneur.urssaf.fr. L'URSSAF recalcule alors les cotisations sur le chiffre d'affaires réellement encaissé et annule la base forfaitaire.



